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Je passe ma vie à culpabiliser !

Je passe ma vie à culpabiliser !

Lors de séances de conseil conjugal et familial, différentes personnes ont exprimé des phrases en lien avec la culpabilité, dont voici quelques exemples.

Pierre, père de famille : « Je n’arrive jamais à m’acheter un vêtement, je fais le tour du magasin, j’en choisis quelques-uns et arrivé à la caisse je les remets tous en rayon et repars sans rien avoir acheté, ça m’évite de culpabiliser ».

Sylvie, 40 ans célibataire : « En vacances à l’idée de me poser et de ne rien faire, je culpabilise déjà et pourtant cette année au travail l’année a été vraiment difficile, j’ai beaucoup travaillé…mais ne rien faire…ça ne se fait pas ».

Léa, 30 ans « J’ai accepté il y a longtemps l’invitation d’une amie qui organise une soirée pour son anniversaire et en même temps je culpabilise de ne pas aller à la réunion de famille qui est à la même date ».

Jules pacsé depuis 5 ans « Je me suis emporté au téléphone avec ma copine, mes mots ont dépassé ma pensée. Sur le coup je me sentais légitime d’exploser puis après j’ai culpabilisé ».

Il existe bien sûr, d’autres formes de culpabilité :

·       l’enfant qui culpabilise du divorce de ses parents « c’est de ma faute si… »,

·       la culpabilité du survivant lors d’un accident,

·       la culpabilité suite à une parole dite ou face à un comportement,

·       la culpabilité transgénérationnelle « je n’ai pas sû protéger mes enfants de… »,

·       la culpabilité dans le couple « il/elle a plus de patience que moi »,

·       la culpabilité suite à un évènement  « je n’ai pas vu venir ».

Qui n’a jamais culpabilisé ? Nous avons probablement tous déjà ressenti de la culpabilité depuis l’enfance, mais elle s’exprime différemment selon les personnes.

Mais qu’est-ce que la culpabilité ? Le dictionnaire Larousse donne la définition suivante :

1.       Etat de quelqu’un qui est coupable d’une infraction ou d’une faute.

2.       Sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire.

La culpabilité implique un sentiment de tension, de regrets et de remords. Ce sentiment naît de l’écart existant entre ce que l’on veut être idéalement et les actions que l’on fait.


L’origine de la culpabilité : nous pouvons ressentir de la culpabilité lorsque nous pensons avoir mal agi ou commis une erreur, mais également lorsque nous jugeons ne pas avoir accompli ce qui était attendu de nous.

La culpabilité correspond au sentiment d’avoir commis une faute, qu’elle soit réelle ou perçue comme telle. C’est un ressenti émotionnel qui se déclenche lorsque l’on se juge soi-même. Ainsi, dans la famille de Sylvie, se reposer est synonyme de paresse  et ce principe, qu’elle a entendu toute son enfance, est devenu une croyance.

 

Cependant, lorsque la culpabilité est à sa juste place, sans envahir nos pensées, ni devenir un réflexe automatique, elle peut alors s’avérer bénéfique : elle favorise le questionnement  de nos  valeurs, notre morale, encourage la remise en question et la prise de conscience … Elle peut également dans certains cas nous inciter à nous pousser à agir, à trouver des solutions : par exemple Jules, désolé ou regrettant les mots échangés avec sa copine, ira s’excuser.

Souvent écrasés par le poids de la culpabilité, est-il possible de lui redonner une juste place ? Il ne s’agit pas de s’en défaire, puisqu’elle peut, comme nous l’avons vu précédemment, avoir des effets bénéfiques mais de réfléchir à d’autres manières de fonctionner :

  • Puis-je réajuster le regard que je pose sur moi ? Si la culpabilité est la conséquence d’un regard « inadapté » que je pose sur moi, d’où me vient ce regard ? Puis-je le réajuster ?

  • A quoi me sert cette culpabilité ? Qu’est-ce qu’elle me permet de faire, d’être ou pas ?

  • Quelle est ma juste part de responsabilité dans ce que je vis ?

  • Quel besoin je nourris quand je culpabilise ? Besoin de sécurité, d’identité, de sens ?…Puis-je être tiraillé entre mon propre besoin et celui de l’autre ?

  • La culpabilité me donne-t-elle du pouvoir ?

La culpabilité a du sens et remplit une fonction : c’est la réponse, consciente ou non que nous apportons à un événement perturbant, elle nous permet de nous adapter.

Catherine Aimelet-Périsol, médecin fait un lien entre la culpabilité, la confiance et l’estime de soi. « Au fil du temps, pour ceux qui ne développent pas assez de confiance et d’estime, la culpabilité devient le moyen, presque le seul, de se rassurer sur leur valeur et de donner du sens aux éléments qui les accablent. Dès lors toute situation qui déclenche de l’émotion, aussi anodine et infime soit elle apparemment est susceptible, d’être vécue sur le mode de la culpabilité ».

 

Si la culpabilité est saine et normale, elle peut aussi devenir  excessive, lourde à porter, et finir par s’installer comme un réflexe. Vous souffrez de culpabilité dans votre relation de couple, dans vos relations familiales et souhaitez y réfléchir ? Les professionnels de Horizon78 sont à votre disposition pour vous aider à avancer.

 
 
 

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